Formes du politique et moments architecturaux

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Enquête sur les formes du « politique » lors de processus de projets architecturaux et urbains : engagement, dépendance, autonomie, résistance

Pierre Bouilhol
Ludivine Damay - Xavier Bonnaud

L’architecture, en tant qu’exercice de partition (des espaces, des rôles et du sensible) et le politique, en tant qu’exercice de la négociation (reconnaissance du principe de dissensus comme base propre au politique et mise à l’épreuve du principe d’égalité), connaissent actuellement des transformations. Ces champs sont à la fois frappés d’incertitude mais aussi d’attentes sociétales considérables. Certains qualifient cette période de « post-politique » marquée par la fin de la politique ou sa réduction à une ingénierie bureaucratique (Lahiji, 2014 ; Zwyngedouw, 2009 ; Mouffe, 2016). La thèse de doctorat interroge la position de l’architecte au sein des acteurs de la fabrique urbaine dans un contexte de crises multiples : crise climatique, raréfaction des matières, crise économique, crise sociale et politique. Cette recherche vise à la définition d’un outil de décryptage du caractère politique de l’architecture et du caractère architectural du politique. La recherche se concentre sur l’analyse et l’observation de processus de projets architecturaux en cours au sein d’un bureau d’architecture pour évaluer comment s’entremêle, s’incarne, s’engage et s’exprime le politique à travers l’architecture et inversement. La méthode d’enquête est double : à travers, d’une part, une étude des formes architecturales et urbaines conçues, débattues et construites, et d’autre part, des observations ethnographiques lors de moments de négociations entre les différents acteurs du projet. Comment l’architecture est-elle influencée par ce contexte post-politique présumé ? Si l’on considère l’exercice de mise en forme architectural comme un processus continu de moments d’arbitrage : à partir de quand peut-on qualifier ces arbitrages de politiques ? Il s’agira de comprendre ce que la politique « post-politique » fait à l’architecture et au territoire, ce qu’elle engendre comme agencements, comme négociations, comme résultats pour le développement urbain. Mais aussi, ce que l’architecture, en tensions entre des impératifs antagonistes, des dynamiques de changement, fait au politique : parvient-elle à faire en sorte que les défis contemporains de l’urbain soient relevés ?